Parc de la carrière de Biville

Un état de choc, au détour d'un chemin en fond de vallée, 450 m de front de taille sur 40 m de hauteur, accompagné d'une butte de remblais écologiquement stériles.

Les options de départ étaient simples, il ne s'agissait pas d'effectuer une performance projectuelle, une image, mais d'assurer la continuité du site, sectionné pour toujours, en réintroduisant une dynamique écologique à l'échelle et à l'image du lieu.

Le front de taille témoigne de la géologie, il donne à voir la lecture de l'histoire du temps et la mesure du temps de l'histoire.

Le projet s'articule autour de trois axes :

  • Etablir un rapport au paysage et de remettre en relation le fond de vallée et les prairies hautes par un parcellaire et une typologie végétale spécifique à la Hague qui donne naissance à quatre lieux.
  • Réintroduire une dynamique végétale par des semenciers capable de recoloniser les remblais et de reconstituer un sol.
  • Assurer le passage entre le front de taille et les remblais par un artifice.

Lande: Sur les fortes pentes la lande est implantée sur des micro-terrasses parallèles aux courbes de niveau. Un apport de terre de 40 cm d'épaisseur, issue d'ouverture de prairies voisines et chargée en semences, constitue à la fois un substrat pour les jeunes plants d'ajoncs et de genêts et une réserve de fécondité.

Semenciers: Saules et noisetiers. Les abords de l'étang sont traités en prairie de fauche ponctuée de bosquets de semenciers. Croissance rapide et haut pouvoir germinatif permettent un renouvellement des masses au gré d'une gestion d'accompagnement.

Face au front de taille la risberme La risberme plantée assure la sécurité des berges et favorise le développement de la faune aquatique.

La prairie et la saulaie sont plantées de semenciers et assurent le passage entre le ruisseau de Clairefontaine et le plan d'eau. La périphérie de l'étang est assimilée au fond de vallée.

Les îlots de semenciers au bord du plan d'eau La colonisation des pentes par les ajoncs et les genêts.

Les apports de terre sont concentrés sur les banquettes plantées de semenciers

Boisement de pins: sur le même principe de banquettes, des jeunes plants de pins sont plantés à une densité de 2 x 2,50m. Le pin est une espèce de lumière qui dans les premières années après la plantation limite les autres formes de végétation. L'évolution de cette parcelle se fait vers une lande plantée de pins plus ou moins clairsemés.

Prairie et brise-vent: en point haut, la prairie et les haies brise-vent viennent assurer la transition avec les bocages existants. Les haies protègent les jeunes plantations à croissance plus lente.

A la brutalité des moyens d'extractions il convenait de répondre par le calme. Il fallait préparer le terrain pour retrouver le sol et laisser faire le temps.

ELEMENTS D'ARTIFICE : LE FRONT DE TAILLE/ L'ESCALIER

 Le front de taille témoigne de la géologie, il donne à voir la lecture de l'histoire du temps et la mesure du temps de l'histoire. C'est aussi la mémoire d'une activité humaine, celle de l'extraction, qui a été liée à toute l'économie de la commune, d'une région. De plus sa qualité plastique, son pendage et le recul que l'on doit prendre à travers l'étang pour le percevoir, a été conservé dans sa monumentalité. Seul l'accroche au remblai à été réalisé par un escalier de deux cents marches et des gabions, monolithes cyclopéens, qui viennent de façon tangentielle le dédoubler.Un deuxième escalier vient couper le merlon de remblais sur plus de cent marches qui montent vers le ciel.

Aujourd'hui après un an, il faut attendre que les milliers de jeunes plants poussent, surveiller les nuages et les attaques de lapins.

Attendre cinq ans, dix ans que le projet apparaisse, vingt ans que les pins se couchent par le vent et laissent la place à quelques chênes, que la dynamique végétale s'installe et au fond que l'on ait oublié depuis longtemps que des paysagistes sont passés par là.

Ecosystème-Biville

Commanditaire
Commune de Biville
Situation
Espace Clairefontaine, Biville - 49°37'24.88"N -1°46'39.27"O
Partenaires
J. Montégut, écologue - Lucienne Collin, paysagiste
Budget / Surface
442 102 € / 9 ha
Date
1989 - 1990